Ebook : les bibliothèques canadiennes s’indignent des prix abusifs fixés par les éditeurs.

Par : Caroline Garnier

19/12/2018

Les bibliothèques canadiennes regrettent de ne pouvoir proposer suffisamment d’ebook et de livres audio à leurs clients à cause du modèle restrictif imposé par les différents éditeurs.

Sharon Day, qui préside un groupe de travail sur les contenus électroniques pour le Conseil des Bibliothèques Urbaines du Canada, affirme que la majorité des éditeurs d’ebooks fixe des prix abusifs tandis qu’Audible, qui possède les droits de beaucoup de livres audio, refusent de les partager.  Elle dénonce notamment les modèles de licence restrictifs mis en place par les éditeurs sur les ebook pour les bibliothèques.

Les cinq plus gros éditeurs canadiens, Hachette Book Group, HarperCollins, Macmillan, Penguin Random et Simon &Schuster souscrivent ainsi au modèle appelé « une copie, un utilisateur », où l’exemplaire d’un ebook ne peut être téléchargé que sur un seul appareil à la fois. Certains d’entre eux possèdent encore davantage de restrictions, comme c’est le cas de Macmillan. Chaque copie d’un ebook de l’éditeur expire après avoir circulé 52 fois ou après deux ans de mise en circulation. Ces contraintes ne permettent donc pas aux bibliothèques canadiennes de proposer un large éventail de contenus.

« Nous sommes confrontés à des prix extrêmement hauts ainsi qu’à un modèle restrictif pour les ebook » souligne Sharon Day. Tandis qu’un livre papier coûte 22 dollars (19,28 euros), la bibliothèque peut débourser jusqu’à 100 dollars (87,64 euros) pour obtenir une copie d’une version électronique.

Les prix sont encore plus conséquents quand les bibliothèques se procurent plusieurs exemplaires d’un ebook ainsi que plusieurs formats du même ouvrage (couvertures rigides, souples ou livres audio) pour raccourcir les listes d’attente. « Ce n’est pas un modèle viable. Nous avons dû mal à nous assurer la capacité de proposer tous les contenus suffisants que nos clients désirent visualiser » se lamente Sharon Day.

Alors que la demande d’ebook s’est stabilisée sur l’ensemble du marché du livre, elle continue d’augmenter dans les bibliothèques. Les ebook représentaient 18 % des ventes au premier semestre de 2018, contre 20 % en 2017 et 17 % en 2016, selon les données recueillies auprès des distributeurs d’ouvrages vendus en ligne et en magasins, par BookNetCanada. Les livres audio représentaient quant à eux 4% de tous les achats déclarés, contre 2% en 2017 et 3% en 2016.

À la bibliothèque publique d'Edmonton, où Sharon Day est directrice des services et des collections des succursales, la demande d’ebooks augmente d'environ 20 % par an, affirme-t-elle. La demande de livres audio dans les six plus grandes bibliothèques du Canada a augmenté de 82 % au cours des trois dernières années.

Sharon Day précise que les bibliothèques canadiennes désirent établir un contrat plus équitable qui permette à la fois de rémunérer les auteurs de façon juste et d’assurer un accès démocratique au contenu. « C’est notre mission principale de fournir un accès universel à l’information pour tous dans la société », conclut-elle.


Source: The Canadian Press

Crédits photos : Creative communs

TEMPS DE LECTURE: 2 minutes

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