Les lectures publiques resteront gratuites

Par : Dario Alcide

22/01/2018

Lors de la conférence de presse pour le lancement de la nuit de la lecture, Françoise Nyssen a abordé la mise en place de la perception du droit de représentation attachée au droit d’auteur pour les lectures publiques.

Lors de la conférence de presse pour le lancement de la nuit de la lecture, qui s’est tenue le 20 janvier dernier, Françoise Nyssen a abordé plusieurs sujets d’actualité dont la mise en place, par la SCELF, de la perception du droit de représentation attachée au droit d’auteur pour les lectures publiques. Sans fioriture, la ministre de la Culture annonçait « j’y suis opposée ». Depuis, les choses ont évolué et la SCELF a mis de l’eau dans son vin.

Pour rappel, jusqu’en janvier 2016, la société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) gérait les droits de représentation inhérents à la lecture à haute voix de livres, en totalité ou sous forme d‘extraits. Depuis, c’est la société civile des éditeurs de langue française (SCELF) qui a repris le flambeau. La SCELF a ainsi décidé de mettre en place la perception des droits d’auteurs dus au titre des lectures publiques ; que les lectures soient complètes ou partielles, payantes ou gratuites, effectuées par un lecteur ou l’auteur du texte.

Cette décision n’a cependant pas été du goût de tous et une pétition, à l’initiative d’un collectif d’auteurs, a finalement circulé, recueillant plus de 31 000 signatures. De nombreux auteurs et bibliothécaires ont signé la lettre envoyée à la SCELF. Par ailleurs, la ministre de la Culture avait notamment déclaré, lors de la conférence de presse de lancement de la nuit de la  lecture, « le principe de gratuité des lectures publiques est essentiel au cœur de […] la nuit de la lecture. Il doit s’appliquer toute l’année ». 

Peu de temps après cette déclaration et avant la nuit de la lecture édition 2018, la SCELF publiait un communiqué précisant que « souhaitant soutenir les bibliothèques dans leur mission de diffusion de la lecture, la SCELF, au nom des éditeurs qui l’ont mandatée, accepte de suspendre la perception relative à ce droit pendant une durée de cinq ans ». Concernant les lectures par les auteurs, la société des éditeurs confirmait « elles ne donneront lieu à aucun droit, autre que la rémunération versée pour leur prestation de lecture, dès lors que ces lectures s’effectuent dans un cadre non marchand ».

Une victoire, même temporaire, qui ne satisfait que partiellement le collectif d’auteurs qui appelle à la vigilance : « Alors que les représentants se mettent autour de la table pour finaliser l’accord, nous en ignorons encore la teneur. Le communiqué de la SCELF ne fait pas mention des associations, des bénévoles, ceux qui lisent dans les salons, les crèches, les prisons, les rues, les parcs, les maisons de retraite… » 

Source : Livres Hebdo | Illustration : Creative Commons

TEMPS DE LECTURE: 2 minutes

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