L’Académie Française valide la féminisation des noms de métiers

Par : Caroline Garnier

01/03/2019

Les Immortels se sont positionnés, majoritairement, en faveur de la reconnaissance des noms de métiers féminisés.

Après des années de réticence, les gardiens de la langue française viennent enfin de céder. Dans un rapport sur la féminisation des noms de métier et de fonctions, une commission d’étude, incluant quatre membres de l’Académie, avait suggéré de « nommer au féminin la profession ou la charge » que les femmes exercent, relevant qu’il n’existait « aucun obstacle de principe » à cette démarche.

Cette « lacune de la langue » ne répondait plus, selon l’étude, aux réalités du  XXIème siècle et notamment à la place qu’occupent les femmes dans la société, « de la carrière professionnelle qui s’ouvre à elles, des métiers et des fonctions auxquels elles accèdent sans que l’appellation correspondant à leur activité et à leur rôle réponde pleinement à cette situation nouvelle. (…)  Que l’usage n’ait pas encore intégré ces évolutions révèle incontestablement un décalage entre la langue et les moeurs. « 

Si la langue s’est constamment féminisée depuis le Moyen-âge, cette tendance s’est particulièrement accentuée ces dix dernières années. La vocation de l’Académie consiste dans cette logique à établir le « bon usage » et non pas de recenser la pluralité des usages en train de naître ou de se former. Certains termes, rentrés naturellement dans le langage, figurent déjà dans la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie, en cours de publication.

Au niveau de la féminisation des noms de métiers, plusieurs formes sont possibles. Si certaines appellations comme « artiste », « architecte », « comptable » ne présente pas de modifications morphologiques, si ce n’est une variation de l’article, d’autres noms peuvent être féminisés en appliquant les règles « -er/ère », « -ier/-ière », « -ien/ienne », « -in/-ine », « -teur/-trice ». 

Cependant, la forme féminine de « auteur » pose problème. Il existe ainsi plusieurs formes telles que « autoresse », « autrice », « auteure », même si cette appellation est privilégiée. Les noms « créatrice » et « réalisatrice » sont souvent favorisée pour parler de cette fonction.

Autre point épineux, la féminisation du mot « chef », qui rencontre différents formes telles que »chèfe », « chève », « chefferie », « cheftaine », même si « cheffe » semble rencontrer davantage d’approbation.  Néanmoins, dans sa forme composé, on préférera par exemple « sergent-chef », où le mot est considéré comme adverbe. 

Dans tous les cas, l’Académie tient à souligner que « dès lors que certaines femmes exerçant des fonctions longtemps, et, aujourd’hui encore, souvent tenues par des hommes, expriment leur préférence à être désignées dans leur fonction au masculin, aucune raison n’interdit de déférer à ce souhait ». Des modifications restent également envisageables en fonction des évolutions.

Source :  Académie Française

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