Afghanistan : un marché du livre en plein boum malgré un lectorat réduit

Par : Angèle Boutin

18/04/2018

En Afghanistan, seulement 2 adultes sur 5 savent lire, un nombre très faible qui semble en totale opposition avec l’essor que connait la publication de livres.

Jamshid Hashimi, co-fondateur du Book Club of Afghanistan pense que la lecture est un moment à soi et hors du temps que les lecteurs s’offrent pour fuir le contexte de guerre, comme rapporté par Gulfnews. 

Il y a plus de 5 millions d’habitants à Kabul, et la population ne cesse de croitre. La ville compte actuellement 22 éditeurs et environ 60 librairies (selon le gouvernement). Et comme l’explique Safiullah Nasiri, créateur d’Aksos, ce sont tout autant d’éditeurs à la recherche de nouveaux livres à publier, de lecteurs avides et impatients et d’auteurs en quête d’éditeurs.

Cette situation est aux antipodes de celle connue sous le règne des Talibans entre 1996 et 2001.  Au cours de ces années, seuls deux éditeurs avaient survécus : l’État et Aazem publishing, une société privée. 

Le nouveau gouvernement a mis l’accent sur la traduction et la réimpression de textes étrangers qui ont été détruits pendant la guerre et de nouveaux titres pour la populations qui est curieuse de savoir ce que le monde pense d’eux, et comment ils ont été perçus. Les attentes sont donc incommensurables, il faut repartir à zéro. Une charge de publication immense pour une seule société, ce qui a laissé les autres éditeurs émerger sur la publication de textes directement en langue locale. 

Le contexte d’impression urgente est tel que le piratage s’est installé comme une norme. Certains éditeurs traduisent et impriment à tout va, en piratant souvent les textes. Des magasins de photocopie ont été fermés parce qu’ils photocopiaient des livres.  Bien que le pays possède une loi sur le copyright, elle n’est pas ou peu respectée. 

TEMPS DE LECTURE: < 1 minute

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