Cristina Campodonico : « Je suis très heureuse de voir un ‘’millenials’’ » me succéder

Par : Angèle Boutin

25/03/2019

Après avoir passé de longues années en tant que responsable de la communication et de l’action culturelle à la Société des Gens de Lettres (SGDL), Cristina Campodonico nous a expliqué cette entrée dans sa « troisième vie professionnelle » en tant qu’adjointe à la direction de la communication de la SCAM, à partir du 1er avril prochain. 

BS : Vous quittez votre poste à la SGDL pour de nouvelles aventures. Qu’est-ce qui a motivé ce changement ? Et pourquoi maintenant ? 
 
C.C. : Il y a quelques années déjà, je souhaitais attaquer ma « troisième vie professionnelle » après celle à la SGDL, mais Marie Sellier est arrivée à la présidence, accompagnée de Carole Zalberg au secrétariat général : j’ai souhaité les accompagner tout au long de leur mandat car pour la troisième fois seulement de toute l’histoire de la SGDL une femme prenait la présidence et cette expérience me plaisait.
Aujourd’hui un cycle s’achève, la présidence va changer en juin et il me semble que c’est le moment idéal pour changer moi aussi, aller me frotter à d’autres personnalités, d’autres projets, d’autres défis. 

BS : Quelle évolution avez-vous pu observer au cours de votre vie professionnelle à la SGDL, en lien avec la présidence, la structure, l’engagement, le militantisme ?
 
C.C. : Il y a eu une évolution importante de la SGDL au cours des deux dernières décennies. La SGDL est devenue en quelques années un partenaire indispensable dans le monde des auteurs du livre et une médiatrice importante auprès des pouvoirs publics, des institutions et de l’édition. Il n’y a pas une seule réflexion liée au droit d’auteur ou au statut des écrivains qui soit faite sans la concertation de la SGDL ou, plus largement, du CPE dont elle est un maillon très actif. La SGDL est la plus importante association d’auteurs du livre en France, et la plus éclectique. Auparavant, par exemple, seuls les auteurs professionnels de l’écrit pouvaient adhérer, désormais en tant qu’auteurs de livres, les illustratrices et illustrateurs peuvent rejoindre la SGDL. Et puis je constate aussi un engagement beaucoup plus fort des auteurs au sein de la SGDL, les lignes ont bougé et ces derniers n’hésitent pas à militer pour leur propre cause. Le développement des réseaux sociaux a très certainement permis cette prise de conscience collective. 
 
BS : Quelles vont être vos nouvelles missions à la SCAM et quelles sont vos attentes ? 
 
C.C. : À ce nouveau poste, je quitte l’action culturelle, pour me consacrer uniquement à la communication et je serai notamment en charge du répertoire de l’écrit et du répertoire sonore. La SCAM soutient, entre autres, de nombreux festivals littéraires, que je connais bien, comme celui des Correspondances de Manosque, ou encore Le Marathon des mots à Toulouse. La SCAM est une SPRD (société de perception et de répartition des droits), les enjeux de communication ne sont pas exactement les mêmes que ceux de la SGDL et tout en restant à échelle humaine, c’est une équipe plus grande que celle de la SGDL. J’aime les défis collectifs et cette nouvelle aventure mobilise tout mon enthousiasme.

BS : Avez-vous d’ores et déjà rencontré votre successeur ? 
 
C.C. : Mon successeur est tout trouvé, Andrei Minzetanu me remplacera à partir du 28 mars en tant que chargé de communication. Diplômé de l’ENS, c’est un jeune homme qui connait très bien la littérature contemporaine et les auteurs. C’est un trentenaire, la nouvelle génération. Je suis très heureuse de voir un « millenials » me succéder [rires] !
 
BS : Diplômée de l’École du Louvre, comment êtes-vous arrivée dans le milieu du livre ?  
 
C.C. : J’ai fait des études d’histoire de l’art par goût personnel et parce que je rêvais de devenir éditrice de livres d’art. Après l’Ecole du Louvre, lorsque je soutenais ma Maîtrise à la Sorbonne,  j’ai eu la chance de rencontrer Claude Draeger qui venait de monter sa maison d’édition. Il est issu de la famille des imprimeurs et éditeurs qui ont édité Dalí, Matisse, Braque, Picasso… Il m’a appris le métier de A à Z. Au tournant des années 90’, le livre d’art avait une place importante dans le marché du livre et il occupait une place conséquente dans les allées du salon du livre. Pas comme aujourd’hui !
 
L’édition a été ma « première vie professionnelle ». Il faut rappeler que la maison d’édition s’auto-diffusait et distribuait. J’ai donc commencé ma carrière professionnelle sur les routes avec une voiture remplie de livres d’art, sillonnant la France pour présenter les livres aux libraires, je suis imbattable sur les librairies de France et de Navarre !
 
BS : Quelle lectrice êtes-vous ? Quelles sont vos pratiques ? 
 
C.C. : Je suis une lectrice compulsive, je lis au moins un livre par semaine, voire bien plus en période de sélection des Prix.
J’ai des pratiques différentes entre la lecture plaisir et la lecture professionnelle. Pour les lectures professionnelles, je favorise plutôt le numérique, notamment dans le cadre des sélections de prix littéraires, mais j’avoue que ce n’est pas ma préférence. Je privilégie la lecture papier en général.

Je lis beaucoup de littérature française contemporaine et de littérature étrangère (latino-américaine, espagnole et américaine). La fiction se porte très bien en France, on a de magnifiques écrivains ! En ce moment je lis le dernier roman de Tristan Garcia, Histoire de la douleur, un roman absolu, qui tente de rendre compte de tout ce qui a fait l’humanité, c’est une immense vibration. Grâce aux éditeurs, je fais aussi de belles découvertes. Ma dernière découverte est un livre publié chez Zulma, conseillé par l’éditrice Laure Leroy : Mais leurs yeux dardaient sur Dieu de Zora Neale Hurston, dans une magnifique retraduction de Sika Fakambi de cette autrice américaine des années 30. C’est jubilatoire.

 

Une interview réalisée en collaboration avec Caroline Garnier

TEMPS DE LECTURE: 4 minutes

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