Responsables cession de droits : les Shiva de l’édition

Par : Caroline Garnier

18/03/2019

Heidi Warneke, Rebecca Byers et Judith Becqueriaux, toutes trois responsables cessions de droit, pour respectivement les éditions Grasset, Editis et Denoël, sont venues à Livre Paris pour parler de leur métier tourné vers l’Europe et le monde.

« Mon rôle est de permettre à la littérature française de voyager » affirme Heidi Warneke, Directrice cessions de droits chez les éditions Grasset depuis 15 ans.

L’année dernière, environ 12 000 contrats de cession de titres français ont été signés, toutes maisons d’édition et genres littéraires confondus. « L’Europe est notre partenaire naturel, et principalement l’Allemagne et l’Italie, mais depuis 5 ans, la Chine est aussi devenue un important collaborateur. C’est d’ailleurs un des plus gros acheteurs de droits français », rappelle Rebecca Byers, Directrice des Droits & Acquisitions aux Editions Perrin (Editis).

« En Europe, nous avons la chance de partager un fond culturel en commun, et puis la proximité géographique permet de rencontrer nos interlocuteurs de visu, ce qui favorise davantage les négociations que par les échanges par mail. Avec la Chine, les négociations sont plus particulières compte-tenu de la censure en vigueur. Il y a ainsi des thématiques qui sont abordées et il n’est pas rare que des coupes soient effectuées dans les publications  » ajoute Heidi Warneke.

Alliant des connaissances commerciales, financières et juridiques, le métier de responsable cessions de droit suscite d’être multi-tâches. « On s’appelle Shiva entre nous » s’amuse Judith Becqueriaux. « Il faut qu’on ait plusieurs bras pour s’occuper de plusieurs choses en même temps et de cerner les priorités », explique-t-elle. 

Un point de vue que Heidi Warneke partage. « Il faut être une très bonne lectrice, s’exprimer correctement en plusieurs langues, être excellente en négociations commerciales et assurer les contrats. » souligne-t-elle.

Les trois responsables de cession de droit poursuivent leur mission dans le même objectif : trouver les meilleurs partenaires possibles, vendre au meilleur endroit et dans les meilleures conditions tout en garantissant une rémunération correcte aux auteurs. 

Pour Heidi Warneke, une des plus grandes satisfactions du métier est quand un livre coup de coeur, après des mois de négociations « acharnées», parvient à être publié dans plusieurs pays. A l’inverse quand elle ne parvient pas à donner une grande importance à un livre, « c’est très frustrant ».

Pour les personnes désireuses d’exercer cette profession, les intervenantes précisent qu’il existe une formation qui a été créée récemment à l'université de Villetaneuse (Paris 13), même si elles se sont toutes les trois formées sur le tas. Heidi Warneke incite cependant les jeunes qui se prédestinent à cette profession, à être curieux, à voyager et à s’ouvrir aux autres. « Il faut être conscient de ce qui est typiquement français et de ce qui peut être assez universel, afin de cerner les oeuvres qui pourront intéresser les marchés étrangers », précise-t-elle.

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