Amazon dans le collimateur des éditeurs américains

Par : Lucile Payeton

28/06/2019

Dans le cadre des auditions sur le thème « Compétition et Protection des consommateurs au XXIème siècle », l’association des éditeurs américains (AAP) a porté, hier, à la connaissance de l’agence fédérale au commerce, un rapport de 12 pages faisant état de ses observations et commentaires.

Mentionné pas moins de 33 fois dans le rapport, Amazon est directement visé par les critiques de l’Association. Au centre des récriminations, la concentration des rôles cumulés par Amazon (éditeur, imprimeur, plateforme d’auto-édition, distributeur, revendeurs, plateforme de critiques, et bientôt libraire via ses boutiques physiques) est jugée déloyale et dangereuse pour le consommateur.

La directrice générale de l’association, Maria Pallante souligne ainsi : « Les problèmes soulevés par une telle concentration de pouvoirs dans les mains d’une seule entité sont nombreux. Aucun éditeur ne peut éviter de distribuer ses ouvrages par le biais d’Amazon, et avec pour résultat, qu’Amazon dicte les règles de l’économie, obligeant les éditeurs a payer davantage chaque année pour ses services, en donnant moins en retour. » 

La contrefaçon dangereuse pour le secteur

Au-delà de la concentration des rôles, qui peut-être perçue par les consommateurs comme pratique, ce que les éditeurs dénoncent est la prolifération de livres contrefaits et la liberté avec laquelle ils circulent grâce au site du géant américain.

L’AAP pointe ainsi du doigt un phénomène qui « dégrade l’expérience du consommateur et diminue les incitations des auteurs et des éditeurs à créer de nouvelles oeuvres et à les mettre sur le marché ». 

Le New York Times a d’ailleurs publié en début de semaine un article sur la politique laxiste d’Amazon concernant l’encadrement des ventes de produits contrefaits. Le géant de la vente en ligne a cependant réagi, précisant que sa politique « interdit complètement la vente de produits contrefaits », grâce notamment à l’investissement de 400 millions de dollars (351 millions d’euros) en équipement et personnel afin de veiller à la protection de sa clientèle contre d’éventuelles fraudes. 

L’AAP n’en réclame pas moins que le gouvernement exerce son autorité sur les entreprises ayant atteint une taille critique, afin de les obliger à plus de transparence et à un encadrement plus strictes en matière de ventes. Les éditeurs américains réclament ainsi que le gouvernement soit plus regardant de la « conduite des plateformes en ligne majeures qui s’insinuent dans tous les secteurs de l’économie ».

Les commentaires de l’association sont disponibles au complet ici. 

Source : Publishers Weekly  Publishing Perspectives 

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