Portugal : des libraires indépendants créent leur association

Par : Angèle Boutin

03/09/2018

Trois libraires ont créé une association afin de lutter contre les monopoles et en appellent au gouvernement, sous le slogan : « Si l’Etat n’intervient pas, les librairies disparaitront ».

Les revendications des libraires sont claires : se battre pour défendre les librairies indépendantes, contre les “illégalités” pratiquées par le pouvoir en place, tout en essayant de survivre en misant sur la différenciation et la diversification de l’offre.

Les librairies indépendantes se débattent avec les trois grandes chaines, Bertrand, FNAC et Grupo Sonae (Continente), qui dominent le marché portugais et les avec les achats en ligne.

Francisco Vaz da Silva, libraire de Gigões and Anantes, explique : « nous avons déjà eu quelques réunions, nous avons contacté d’autres librairies ». Selon lui, « seules les librairies spécialisées peuvent survivre [aujourd’hui] »

Un avis partagé par Joaquim Gonçalves, libraire d’A das Artes, précisant « nous essayons de rassembler les libraires pour changer cette situation, très politique, investie par le facteur économique ».

« À l’origine des fermetures [de librairies] et des changements de cap -dans une tentative désespérée de contrer les déséquilibres énormes du marché- on retrouve : l’immobilier spéculatif (augmentant les loyers) et les changements sociaux, idéologiques, technologiques et économiques qui poussent les gens à ne plus considérer le livre comme un objet de transmission de connaissance » précise Vitor Rodrigues, libraire de Leituria.

Et de rajouter, « à mon avis, les problèmes sont liés à l’échec de la loi sur le prix unique et à la question immobilière qui pousse les librairies et les libraires en dehors des lieux de commerce ». Pour Francisco Vaz da Silva, la situation est critique : « ce qui se passe sur le marché du livre est très grave, car c’est une affaire de tricherie ».

Les grandes chaines pratiquent une politique agressive autour du prix du livre, jugée “barbare”: « comment peut-on accepter des réductions de 20% à 50%, avec un prix d’achat inférieur à celui des librairies indépendantes (en moyenne 30% à 35% sur le prix de couverture) ? Il y a une loi. »

Une situation qui serait inacceptable dans des pays comme la France ou l’Espagne. Bertrand a tenté de s’implanter en Espagne, ce qui fut un échec car là-bas, « la loi est appliquée », selon les libraires.

La Société portugaise des auteurs (SPA) a demandé en janvier dernier “un soutient urgent” à l’État pour venir en aide aux librairies en invoquant l’exemple de la France. Les travaux menés par le ministère portugais de la Culture entre janvier et mai 2017 ont abouti à « un texte minimal qui n’a pas d’impact » selon eux.

Source : Publico / Crédits Illustrations : WikiCommons

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