Russie : saisie de 160 000 manuels scolaires issus du piratage

Par : Angèle Boutin

15/11/2018

Selon les médias russes, le crime organisé s’intéresserait grandement aux grands tirages du secteur de l’éducation et à sa distribution. Il ne s’agit plus cette fois du piratage des ebooks, mais de l’impression.

Le site Rossiyskaya Gazeta cité par Publishing Perspective rapporte que la police de Saint-Pétersbourg a récemment saisi plus de 160 000 manuels contrefaits. Les volumes ont été imprimés par une maison de presse légale qui aurait reçu un ordre juridique d’un éditeur. Le ministère de l’Intérieur russe estime la perte totale générée par ces exemplaires piratés à d’environ 12 millions de roubles (159 300 euros).

Platan Romanov, directeur d’une librairie indépendante considère les manuels scolaires étaient particulièrement attrayants pour les pirates à cause de leur tirage très important. Là où un roman pourrait être tiré à 3 000 exemplaires, un manuel scolaire atteint les centaines de milliers.

Selon Romanov « aucune imprimerie ne demandera jamais à une personne qui veut imprimer un livre s’il en détient les droits », le respect des droits d’auteur incombant aux éditeurs et non aux imprimeurs.

Vladimir Kolokoltsey, porte-parole du ministre des Affaires Intérieures relève la mauvaise qualité des livres piratés, avec de mauvaises impressions des images et des polices, et une pagination erronée.

Ce niveau de piratage relève du crime organisé selon les autorités russes. Après avoir imprimé les faux livres, ils sont distribués dans les provinces à des prix inférieurs de 20 à 30 % par rapport au prix de couverture décidé par l’éditeur. A Saint-Pétersbourg, des exemplaires contrefaits d’Harry Potter circuleraient également.

De la poudre de perlimpinpin pour solution

Le ministère de l’Industrie et du Commerce propose d’insérer, dans chaque livre, un code que chaque consommateur pourra vérifier afin de confirmer l’authenticité du livre. Un système déjà utilisé dans d’autres industries.

Néanmoins, les consommateurs ne semblent pas se plaindre de cette situation qui leur permet d’obtenir les manuels scolaires à moindre coût. En effet, le nombre de plaintes déposées auprès des autorités de contrôle est négligeable, pour ne pas dire marginal.

Source : Publishing Perspective

Crédits photo : CC0 License

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