Elsa Pallot: « On essaie de donner du temps à chaque livre que nous éditons »

Par : Caroline Garnier

04/04/2019

Entrée en apprentissage chez Cheyne éditeur, Elsa Pallot est ensuite devenue salariée de la maison avant d'en prendre la tête quelques années plus tard, à seulement 25 ans. Depuis presque deux ans, elle est donc responsable avec Benoît Reiss, de cette maison d’édition fondée en 1980 par Jean-François Manier et Martine Mellinette. Spécialisé dans l’édition de littérature et de poésie, Cheyne éditeur est l’une des dernières maisons d’édition à s’auto-imprimer et s’auto-diffuser. Avec entre 800 et 3 000 exemplaires tirés annuellement et proposés dans plus de 300 librairies, Cheyne s’applique à être indépendant de la diffusion à la distribution des livres qu’elle édite. Un défi que BookSquad vous propose de découvrir en rencontrant sa jeune cogérante.

BookSquad : En 2017, vous avez repris Cheyne éditeur avec Benoît Reiss. Comment cette transaction s’est-elle opérée et qu’est-ce qui a motivé votre choix ?

Elsa Pallot : J’étais déjà salariée chez Cheyne éditeur depuis 2012, quand Jean-François Manier a exprimé sa volonté de prendre sa retraite. Il a alors demandé aux salariés qui voulait reprendre Cheyne éditeur. J’ai toujours désiré avoir ma propre maison d’édition, donc ça m’intéressait bien mais je ne voulais pas la reprendre seule. Benoît Reiss était un auteur édité par Cheyne, qui résidait au Japon mais qui souhaitait revenir en France. Le projet de reprise lui a plu et on s’est lancés ensemble dans l’aventure.

 

BS : Cheyne a la particularité de s’autoimprimer et témoigne d’une volonté de rester indépendant de la diffusion à la distribution des livres qu’il édite. Pourquoi avoir opté pour ce mode d’édition « all inclusive » ? 

E.P. : Ce mode de production a été mis en place par Jean-François Manier et nous avons à cœur de le faire perdurer. Ça nous permet de faire de beaux objets et de lier un contact particulier avec tous les acteurs du métier du livre. Par exemple, un de nos employés se rend directement chez les libraires pour leur présenter nos livres. Ainsi, ça nous permet de créer un lien particulier et d’avoir une certaine reconnaissance. 

 

BS : Cheyne édite principalement de la littérature et de la poésie. Combien de nouveaux ouvrages éditez-vous en moyenne par an ? Comment s’effectue vos choix éditoriaux ?

E.P. : Faire de la poésie n’est pas le domaine le plus facile. On essaie de donner du temps à chaque livre que nous éditons, c’est d’ailleurs pour cette raison que nous ne publions qu’une douzaine d’œuvres par an. On est d’ailleurs également l’une des rares maison d’édition à ne pas mettre de livres au pilon.

Nous recevons environ 1 000 manuscrits par an. Nous prenons le temps de tout regarder avec les différents éditeurs de nos six collections et nous prenons ensemble la décision d’éditer tel ou tel manuscrit. Chez Cheyne éditeur nous avons une politique de suivi des auteurs que nous éditons, ce qui signifie qu’on met en avant les auteurs que nous avons déjà publié, sans pour autant se garder le droit de refuser un écrit à publier. Notre collection grise est dédiée à la découverte d’auteurs. D’ailleurs nous confions la préface de ces premiers livres que nous publions aux auteurs qui ont déjà été publiés chez Cheyne, pour reproduire une sorte de parrainage entre nos écrivains.

 

BS : Lors de la dernière édition du Salon du Livre Paris, le festival « Lectures sous l’arbre » (dédié à la poésie et à la littérature contemporaine) a été lauréat du prix de la Sofia dans la catégorie diversité, avec une dotation de 1 500 €. Pouvez-vous nous présenter ce festival ? Qu’est-ce que vous y faites en tant que membre et partenaire ? Comment va être utilisée cette dotation ?

E.P. : Ce festival a été initié par Cheyne, avec l’ambition, un peu stupide, de proposer des lectures en plein air entre la Haute-Loire et l'Ardèche. Ainsi, une semaine au mois d’août, le festival organise  des lectures-spectacles, des rencontres avec des auteurs. L’idée est de créer un lieu d’échange et de garder le livre, la littérature et la poésie au coeur de la manifestation. Chaque année on invite un pays étranger et on met à l’honneur un éditeur indépendant.

La dotation va nous permettre d’aller conquérir de nouveaux publics et de diffuser davantage la poésie avec des lectures hors les murs, comme dans des hôpitaux, pour donner aux personnes l’envie de lire de la poésie.

 

 

Propos recueillis par Caroline Garnier pour BookSquad

Vous pourrez retrouver Elsa Pallot d'ici quelques jours dans l'un de nos webinars.

TEMPS DE LECTURE: 3 minutes

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