Guillaume Nail : « La Charte s’attèle à fédérer, soutenir et informer les auteurs »

Par : Lucile Payeton

28/05/2019

Scénariste et auteur de littérature jeunesse, Guillaume Nail est président de l’association la Charte des auteurs et des illustrateur. À la veille des États généraux du livre, qui se tiendront le 4 juin prochain, il revient sur les missions et les préoccupations de l’association.

BS : Pouvez-vous nous présenter la Charte des auteurs et des illustrateurs jeunesse ? Ses objectifs, ses actions ? 
 
La Charte existe depuis 44 ans et compte aujourd’hui 1400 membres. Elle est née de l’idée de fédérer les auteurs de littérature jeunesse. Nous voulons notamment parler de la rémunération, ou plutôt de la sous-rémunération des auteurs jeunesse. Nous oeuvrons aussi à valoriser le travail des auteurs et illustrateurs, et donc par extension de la littérature jeunesse, qui est souvent critiquée, ou peu considérée en comparaison à la littérature adulte.
 
Nous voulons fédérer tous les acteurs du secteur jeunesse, les auteurs et illustrateurs, mais aussi les traducteurs, qui sont à juste titre des auteurs aussi et sont éligibles des mêmes droits que les auteurs.
 
BS : Comment avez-vous intégré la Charte ? Qu’est-ce qui vous a poussé à vous investir autant pour les droits des auteurs ?
 

G.N :: Je suis traducteur de formation, scénariste et auteur, publié au Seuil, mais principalement aux éditions Rouergue. J’occupe la Présidence de la Charte des auteurs et des illustrateurs jeunesse depuis février et, à ce titre, occupe une position de membre du Conseil permanent des écrivains (CPE).

En tant que scénariste, la lecture et les négociations des contrats me semblent essentielles et connaître ses droits en tant qu’auteur est primordial. J’ai découvert la Charte avant la signature de mon premier contrat en littérature jeunesse. Le site m’a beaucoup aider pour comprendre ce à quoi j’étais éligible en tant qu’auteur, pour toute la partie administratif aussi. C’est l’ADN et l’identité de l’association qui m’ont séduit. La Charte s’attèle à fédérer, soutenir et informer les auteurs, mais elle est surtout active et dynamique. J’ai commencé à prendre part aux activités de l’association en travaillant aux scénario des vidéos « Dans la peau d’un auteur jeunesse », en 2017. On en a beaucoup parlé d’ailleurs au Salon du Livre de Paris et au Salon du Livre de Montreuil. J’ai travaillé avec l’ancienne Présidente, Samantha Bailly, avant de lui succéder lorsqu’elle est devenue Présidente de la Ligue des auteurs professionnels. La Charte travaille d’ailleurs main dans la main avec la Ligue.

Ce qui me plaît dans la Charte est véritablement son dynamisme et son côté non-institutionnelle, mais en même temps, le sérieux qu’elle a dans sa mission d’informer les auteurs sur leurs droits. C’est aussi le côté collectif, l’idée qu’un plus un, plus un, plus un, peut nous faire avancer plus efficacement vers nos objectifs. 
 
BS : L’assemblée générale de la Charte est le 3 juin prochain, comptez-vous vous représenter pour la Présidence ? 
 
G.N. : Oui, je compte bien sûr me représenter à la Présidence, que j’occupe depuis février dernier. Il est nécessaire d’installer les choses sur la durée. Je veux continuer les combats que nous menons et qui sont bien nombreux. Les autres membres du bureau se représentent aussi. Cette année, nous accueillons de nouveaux membres qui seront soumis au vote s’ils veulent se présenter. 
 
BS : Les membres de la Charte seront aussi prochainement invités à se prononcer sur un éventuel changement de nom de l’association ? Pourriez-vous nous en dire plus ? 
 
G.N. : Depuis deux ans, la Charte réfléchit à la question de l’égalité et de la diversité dans le milieu de la littérature jeunesse, un secteur très féminisé. Au regard des prix, des résidences, des bourses et des nominations qui sont décrochées, il est essentiel de s'interroger sur d'éventuelles disparités injustifiées entre les femmes et les hommes. 
 
L’association a volonté de fédérer, mais nos adhérents ont remarqué que notre nom tend à 'invisibiliser' les autrices, les traductrices et les illustratrices que nous voulons représenter, alors qu’elles représentent 70% de nos membres. 
 
Le bureau songe donc a changer le nom de l’association en « Charte des auteurs et autrices jeunesse », afin de représenter au mieux tous ceux et celles qui font la littérature jeunesse.
 
BS : Comment la Charte s’intègre-t-elle aux revendications des États généraux du livre - dont la deuxième édition aura lieu le 4 juin prochain ?
 
G.N. : La Charte est membre du CPE et aide donc activement à la préparation des États généraux. Nous y faisons l’état des lieux du secteur, mais nous parlons surtout rémunération et droits d’auteurs. Avec les autres associations et organismes, notamment la Ligue des auteurs professionnels, nous participons ensemble à la réflexion autour des réformes sociales et fiscales. En ce moment, nos principales préoccupations et sujets à débattre sont la réforme des retraites et la rémunération des auteurs. 
 
Les auteurs jeunesse sont majoritairement très mal rémunérés. Par conséquent, il est essentiel de prendre part aux discussions et d’oeuvrer à de meilleures conditions de travail et une meilleure reconnaissance des auteurs. 

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