Florence Bouchy : « J’aime les défis et les challenges »

Par : Caroline Garnier

14/03/2019

Journaliste littéraire pour le "Monde des livres" depuis 2009, Florence Bouchy a été nommée en janvier dernier directrice littéraire de la Comédie du livre de Montpellier, qui se tiendra du 17 au 19 mai 2019. L’occasion de découvrir cette passionnée de romans français en charge d’un défi de taille: organiser un grand évènement littéraire en quelques mois.

BookSquad : Quatre mois avant le début de La Comédie du livre de Montpellier, vous avez été nommée à la direction artistique et littéraire du festival, comment avez-vous reçu votre nomination ? 

Florence Bouchy: J’ai tout de suite été très intéressée par cet évènement majeur de la vie littéraire et éditoriale, qui possède une très belle image. Je savais que la tâche allait être dure, compte-tenu des délais très courts, mais j’aime les défis et les challenges.

 

BS : Quelles sont vos ambitions pour cette nouvelle édition ? Qu’aimeriez-vous amener de nouveau par rapport aux années précédentes ? Sur quels critères reposent vos choix, vos sélections d’intervenants, et de manifestations ?

F.B : Mon objectif est que la Comédie du livre de Montpellier reste une manifestation de qualité. Je souhaite faire une belle édition qualitative, pointue et ouverte à tous. Je n’espère pas de révolution. Je veux garder la même structure, la même identité de l’évènement, tout en y introduisant ma patte, ce qui est un véritable défi. 

En ce qui concerne le choix de la carte blanche, je voulais un auteur à la fois littéraire pour qui l’écriture est un véritable enjeu et qu’il ait déjà rencontré son public. C’est pour ces raisons que j’ai pensé à Véronique Ovaldé, qui a déjà un grand public et dont le livre est très attendu.

Pour la Maison d’édition, mon but était d’encourager les structures indépendantes avec les mêmes problématiques. Mon choix s’est donc dirigé vers les éditions Allary qui a su trouver son public, qui marche très bien et qui saura intéresser les visiteurs. 

 

BS : Ce n’est pas la première fois, que vous êtes en charge de la programmation d’un évènement de ce genre puisque vous vous êtes déjà occupée de celle de la Fête du livre du Var en 2016. Quels sont les nouveaux enjeux auxquels vous êtes confrontées avec ce festival dont vous avez pris la tête de la programmation ?

F.B : Pour cet évènement, l’enjeu est le timing puisque je dois l’organiser en un temps record. A la Comédie du livre de Montpellier, en plus d’être en charge de la programmation d’auteurs à laquelle je suis familière, il y a une part considérable de rencontres et d’animations organisées par les associations culturelles de la métropole. Je dois donc coordonner l’ensemble de la manifestation qui est beaucoup plus conséquente que la Fête du livre du Var 2016 parce que la part prise par les associations est plus importante. 

 

BS : Journaliste, professeure, vous possédez de nombreuses casquettes, qu’est-ce qui vous séduit dans vos fonctions de programmatrice ?

F.B : J’aime penser à tout, à tout le monde, ce qui n'est pas une mince affaire (rires), et opérer des choix mais qui ne soient pas les miens, pour qu'ils puissent rencontrer les attentes du public. Ce sont ces allers-retours, entre mes goûts et les attentes légitimes du public et des libraires, qui me plaisent. 

 

BS : Vous êtes issue d’une filière littéraire, agrégée de lettres modernes, et depuis 2009, vous écrivez pour le Monde des livres, pourquoi vous êtes-vous tournée vers le journalisme ? Comment définiriez-vous le journalisme littéraire ? Qu’est-ce qui vous plaît dans cette fonction ? 

F.B : Pendant mes longues études de lettres, lorsque je faisais ma thèse, j’ai animé une émission littéraire sur Radio Campus Paris durant six ans. J’ai donc appris le métier de journaliste sur le tas. J’étais en charge de la programmation et de la ligne éditoriale de l’émission. Mais je ne voulais pas uniquement faire de l’animation. Au départ, ce qui m’a intéressée c’est d’organiser les rencontres avec des auteurs que j’ai choisis. Grâce à cette expérience, j’ai appris à connaître le milieu éditorial et j’ai acquis une bonne connaissance de la production littéraire, des compétences qui m'ont par la suite été utile dans le secteur du livre.

 

BS : Qu’est-ce qui vous a amené à faire des études littéraires ? Qu’est-ce qui vous passionne ?

F.B : Ce qui est au centre de ma vie, c’est le langage, le rapport aux mots, à l’expression et désormais c’est aussi mon rapport professionnel au monde. Dans ma vie professionnelle autant que dans ma vie personnelle, je recherche le mot juste, l’expression juste. En tant que critique, je cherche également l’avis juste avec pour ambition d’interpréter les œuvres et d’en rendre compte au public. 

 

BS : Quel est le rapport que vous entretenez aujourd’hui avec la lecture ? Quels sont vos auteurs de référence ? Quels sont les genres qui vous passionnent ? Êtes-vous une adepte des livres audio ou bien des ebooks ?

F.B :  Je ne suis pas du tout une adepte des livres audio ou bien des ebooks. Je lis exclusivement des livres papiers. 

J’adore le roman et particulièrement le roman français. Je lis plusieurs auteurs mais Jean Ernoz et Annie Ernaux sont ceux qui ont compté dans ma vie de lectrice et de critique. 

 

BS : Quels sont vos projets futurs ? 

F.B : Réussir la Comédie du livre et on verra après pour le reste (rires). J’aimerais continuer mon travail de journaliste littéraire tout en conciliant l’organisation d’évènements littéraires. 

 

 

 

Propos recueillis par Caroline Garnier pour BookSquad.

TEMPS DE LECTURE: 3 minutes

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