La mobilité de la culture au cœur du métier de bibliothécaire – 65ème Congrès de l’ABF

Par : Lucile Payeton

06/06/2019

La mobilité est au cœur de cette 65ème édition du congrès de l'Association des bibliothécaires de France.

Des intervenants, venus de France métropolitaine et hors Hexagone, ont été invités à la conférence « Les bibliothécaires à l’épreuve des transformations géographiques et administratives » pour parler des enjeux auxquels les bibliothécaires sont confrontés dans des espaces où la culture lie différentes populations.

Au cours de cette conférence, modérée par David-Georges Picard, ex-conseiller pour le livre, la lecture et les archives de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) d'Île-de-France, les intervenantes, venant de trois espaces géographiques différents ont pu faire part de leurs expériences personnelles.

Christel Duchemann, développeuse de territoire dans l’arrondissement d’Avesnes-sur-Helpe, proche de la frontière belge, a présenté la mise en place du projet de réseau transfrontalier Médi@‘pass. Le projet, encore en construction à l’heure actuelle, est un réseau de lecture publique commun entre le territoire belge et le territoire français de l’arrondissement d’Avesnes-sur-Helpe.

Soutenue par la DRAC depuis 2015, d’abord de la région Nord-Pas-de-Calais, puis des Hauts-de-France, le réseau est au service de problématiques et d'enjeux communs, notamment d’ouverture de la population à la culture, dans un paysage rural où 17 % de la population est illettrée.

Christel Duchemann a alors parlé d’un projet né de « l'urgence de développer un maillage culturel, là où les bibliothèques étaient les seuls services culturels accessibles à la population du territoire ».

L’accès à la culture a aussi été un des points centraux de l’intervention de Synthia Sully, responsable médiathèque à Saint-Georges de l’Oyapock, en Guyane.

Elle a ainsi expliqué que sur ce territoire frontalier avec le Brésil, où le français n’est pas parlé, mais reste la langue écrite (de l’administration et enseignée à l’école, entre autre), les médiathèques et autres services culturels sont indispensables pour développer l’éducation d’une population composée à plus de 60 % par des jeunes de moins de trente ans.

Synthia Sully a aussi expliqué qu’être bibliothécaire en Guyane, d'autant plus sur un territoire frontalier, impliquait, entre autres, un personnel lusophone, la création d’un fond Français Langue Etrangère (FLE), et la mise en place d’ateliers de conversation. Elle a aussi félicité le développement de la culture sur le territoire, porté notamment par le bibliobus, OYAbus, qui, de par sa mobilité, peut dorénavant toucher les populations brésiliennes frontalières, demandeuses de plus d’activités culturelles.

TEMPS DE LECTURE: 2 minutes

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