La rémunération des auteurs au coeur des prochains États généraux du livre

Par : Caroline Garnier

27/02/2019

En vue de la seconde édition des États Généraux du livre qui se tiendra le 4 juin prochain, les Auteurs en colère ont fait part de leurs revendications sur leur rémunération ; un des axes majeurs qui sera abordé lors de l’évènement à venir

« Les auteurs de livres revendiquent aujourd’hui une rémunération plus juste et équitable et des livres mieux défendus » peut-on lire en introduction du texte qui réclame 10% minimum de droit d’auteur.

Le Conseil Permanent des Écrivains souligne que 90 % des auteurs sont contraints d’exercer une activité annexe, puisqu’ils perçoivent un revenu en droit d’auteurs inférieur au SMIC. Seul 8 % des auteurs en France ont une rémunération en droit d’auteur supérieure au SMIC annuel (13 445 €) et seulement 1,6 % d’entre eux gagnent plus de 40 335 € par an, soit 3 fois le SMIC.

Leurs faibles revenus induit également une non-reconnaissance de leur statut par l’AGESSA, l’organisme de sécurité sociale des auteurs. Pour y être affilié, les auteurs doivent en effet percevoir un revenu annuel minimal de 8.892 euros. Un critère qui ne permet qu’à 5 % des auteurs  d’avoir accès à la sécurité sociale par leur plume, sur les 100.000 estimés. 

L’organisation des auteurs en colère dénoncent la logique de surproduction sur laquelle reposerait l’économie des maisons d’édition. Selon eux, ce fonctionnement inciterait les « éditeurs à multiplier les nouveautés pour augmenter leurs chances de succès, tout en n’ayant pas les moyens d’accompagner efficacement le lancement de tous les livres. »

Ainsi, tandis que la parution de nouveaux titres a augmenté de 12 % sur les 10 dernières années, leur tirage moyen a chuté de 40 % sur la même période.

Ce système exercé par les maisons d’édition a pour conséquence, selon le collectif, de provoquer la dégradation des rémunérations des auteurs et donc de provoquer leur précarité. 

Le 22 mai 2018 s’était tenu le tome 1 des États généraux du livre à la maison de la poésie. Des sujets comme le statut social des auteurs, leur retraite ou encore le prélèvement à la source avait animé les discussions. L’évènement avait cependant été marqué par l’absence de représentants des différents ministères concernés par les réformes.

Le collectif des auteurs en colère est composé de ADAG, ATLF, La Charte, COSE-CALCRE, EAT, LA Maison de la Poésie, PEN CLUB, SACEM, SAIF, SCA, SCAM, SELF, SGDL, SNAC, UNPI, UPP ainsi que de l’UNion des Poètes & Cie.

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