New-York met à mal ses librairies indépendantes

Par : Alice Bouffin

12/03/2019

Le nombre de librairies indépendantes new-yorkaises a baissé de 79,5 % en 70 ans, passant de 368 en 1950 à 106 en 2015 puis 79 en 2018 selon "The Guardian".

Dans le New York littéraire, la fermeture d’une autre librairie peut susciter un sentiment de crise et parfois des mesures d’urgence, comme le montre la pétition lancée par la librairie The Stand, luttant pour sa survie. 

S’ajoutant aux dépenses nécessaires pour son maintien, la librairie est confrontée à la lente bureaucratie de la Landmarks Préservation Commission (la Commission de Préservation des Monuments Célèbres), qui rend les frais d’occupation et d’entretien trop élevés pour les occupants. « Je veux juste que la ville me laisse tranquille », déclare Nancy Bass Wyden, la propriétaire.

Selon Jeremiah Moss, l’auteur de Vanishing New York : How a Great City Lost Its Soul, la solution la plus efficace face au problème de l’immobilier qui plombe le budget des petites entreprises serait l’application du « Small Business Jobs Survival Act » (la Loi sur la survie des emplois dans les petites entreprises). Il donnerait aux locataires commerciaux la possibilité de renouveler automatiquement leur bail chaque 10 ans, ainsi que le droit de demander un arbitrage avec les propriétaires en cas de désaccord sur l’augmentation des charges et loyers.

Une solution qui, selon ses partisans, pourrait mettre fin à la « fraude au loyer »,  sur les augmentations illégales ou abusives. Mais, selon ses détracteurs, un tel projet de loi pourrait surtout décourager les propriétaires de louer à de petites entreprises.

Au-delà des problèmes liés au prix de l’immobilier, les librairies indépendantes souffriraient de la concurrence d’Amazon, qui, rappelle The Guardian, s’est vu offrir par la ville de New York 3 millards de dollars de subvention pour y construire un nouveau siège ; avant que le projet soit abandonné suite à de nombreuses critiques.

Mais au-delà des questions immobilières et de compétition, les librairies souffriraient des changements d’habitudes de lectures des Américains avec le bouleversement numérique.

Jointe par BookSquad, Eileen Dengler, directrice exécutive du New Atlantic Independant Booksellers Association (NAIBA) confirme la tendance. Selon elle, la ville de New York a perdu récemment certaines chaînes, comme Barnes & Nobles, tandis que d’autres petites librairies indépendantes ont du mal à survivre. Pour ces dernières, les loyers élevés, l’augmentation du salaire minimum et les congés payés obligatoires pèsent sur des trésoreries fragiles. « Il n’y a cependant pas eu de nouvelle fermeture de librairie ces derniers mois », précise Eileen Dengler.

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