Les auteurs britanniques à la recherche de soutiens pour pallier leur isolement

Par : Lucile Payeton

20/06/2019

Si par le titre du rapport « A Room of One’s Own » la revendication première des auteurs semble être le besoin d’avoir un espace dédié à leur activité (80 % souhaiteraient avoir un espace où se consacrer à leur profession d’écrivain), il révèle qu’au delà des besoins matériels et financiers, les auteurs cherchent avant tout un soutien parmi les autres écrivains et les professionnels de l’industrie, pour sortir de leur isolement.

Pour 68 % des auteurs interrogés, ne pas avoir de garantie financière est un problème majeur. Une autre difficulté, pour 53 % d’entre eux, est le manque d’information sur leurs droits, considéré comme un des facteurs participant à leur isolement. 
 
Une communauté sur laquelle se reposer
 
Ce qui ressort explicitement de l’étude est le besoin, pour les auteurs, d’appartenir à une communauté (composée d’écrivains non-expérimentés, expérimentés, mais aussi de professionnels de l’édition) pouvant les accompagner dans leur désir de faire carrière.
 
Faire partie d’un groupe d’écrivains importe pour 36 % des sondés tandis que pour 33 % d’entre eux, il est nécessaire de faire appel à un agent littéraire.
 
Les auteurs qui cherchent à percer dans le milieu de la littérature accordent beaucoup d’importance au savoir et à l’expérience que pourraient leur transmettre des auteurs plus expérimentés et déjà établis dans le milieu. Un parrain ou un mentor pouvant les guider dans leur activité leur permettrait ainsi de sortir de leur isolement.
 
77 % des auteurs ne touchant pas encore de revenus grâce à leur activité d’écriture ressentent le besoin de voir leurs pairs les soutenir et les encourager dans leurs carrières - plus que ceux qui perçoivent déjà une rémunération grâce à leurs écrits (56 %). À l’inverse, le soutien financier (les avances versées par les éditeurs importent pour 31 % des auteurs sondés) est plus important pour les 71 % d’auteurs qui ont déjà une carrière que pour les 42 % qui souhaitent en bâtir une. 
 
Une précarité financière attribuée à un manque de reconnaissance 
 
Parce que 68 % des sondés estiment que l’écriture ne peut pas être envisagée comme une source fixe de rémunération, nombreux sont les auteurs qui, pour trouver une stabilité financière, se tournent vers une autre activité professionnelle ou se reposent financièrement sur un proche. 33 % des sondés n’ont rien touché de leur activité d’écriture en 2018, tandis que 37 % ont perçu entre 100 et 5000 livres sterling (soit entre 112 et 5612 euros) sur l’année 2018 - un montant insuffisant pour subvenir à leurs besoins.
 
Par un effet de spirale, les auteurs ne pouvant faire de l’écriture leur activité principale occupent souvent une autre activité professionnelle chronophage pour subvenir à leur besoin.
 
Alors que 17 % des auteurs admettent qu’ils bénéficient du soutien financier d’un membre de leur entourage (souvent un conjoint ayant un travail à temps plein et dont le salaire peut subvenir aux besoins de la famille), 72 % des auteurs occupent une activité rémunérée autre que celle de l’écriture afin de subvenir à leurs besoins. Ils sont pour la majorité en freelance, ou en CDD, à temps plein ou à mi-temps. 
 
D’une certaine manière, le manque de temps de leur double vie - point souligné par 67 % des sondés - contribue à leur isolement social, mais aussi économique.
 
En 2018, seuls 10 % des auteurs sondés se sont consacrés entièrement à l’écriture sans avoir besoin d’occuper une autre profession pour subvenir à leurs besoins. 
 
 
 
Le rapport complet est disponible sur le site de la Royal Society of Literature

TEMPS DE LECTURE: 2 minutes

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