L’utilisation des réseaux sociaux modifie le milieu du livre

Par : Claire Chave

17/03/2019

Une conférence donnée vendredi sur la scène des Coulisses de l'édition de Livre Paris, en partenariat avec notre média.

Lors du débat, tenu sur la scène des Coulisses de l'édition, étaient réunis Glenn Tavennec, directeur de la Collection R chez Robert Laffont ; Stéphanie Vecchione, consultante ; Renny Aupetit, le directeur de la librairie Le Comptoir des mots et Bertrand Puard, travaillant chez Casterman, se sont entretenus sur les réseaux sociaux et leurs impacts sur leurs métiers respectifs.

Les réseaux sociaux ont transformé les pratiques dans le milieu du livre, avant lesquels l'édition était un secteur extrêmement cloisonné. Dès lors, les acteurs ont pu plus facilement communiquer entre eux, ça a induit beaucoup de choses différentes. Par exemple, Albin Michel a décidé l’année dernière de faire un Facebook live et certains lecteurs ont ainsi pu jouer rôle de libraire et pressentir les titres qui marcheront pendant l'année.

Les rôles sont ainsi plus partagés, comme le confirme Renny Aupetit : « on communique principalement sur les réseaux sociaux avec nos clients. Si on apporte un contenu plus diversifié on peut toucher plus de personnes via nos clients. Eux n’hésitent pas à partager et relayer les informations, ce qui fait venir des gens que l'on aurait pas réussi à toucher autrement ».

« Les réseaux sociaux, me permettent en tant qu’auteur d’avoir un contact quotidien avec mes lecteurs. C’est cette possibilité aussi de faire le lien », ajoute Bertrand Puard. Finalement les réseaux sociaux permettent aux acteurs du livre d’élargir leur audience .

C'est pour les libraires que cette utilisation des réseaux sociaux est plus difficile. Avant, un libraire s'occupait de faire son travail en librairie, conseiller les clients sans s'occuper de les attirer. Aujourd’hui on lui demande d’être « un couteau-suisse », selon Renny Aupetit.

Ils se doivent désormais de chroniquer des livres sur les réseaux, répondre à des interviews ou gérer les ventes en ligne. Ils ont plusieurs tâches à effectuer aujourd’hui, mais leur travail est efficace, car les gens sont davantage sollicités, au point que certains internautes s’abonnent aujourd’hui aux chroniques des libraires. 

Selon Glenn Tavennec, « il y a des livres pour lesquels je ne ferais maintenant que du digital. Car les recommandations, avec les notes, sont importantes. On publie trop et les lecteurs sont sur-informés tout le temps via les réseaux sociaux. »

« Le storytelling est super important », ajoute Stéphanie Vecchione. Aujourd'hui, ce qui marche, c'est la communauté de lecteurs, qui assure des liens entre des acteurs qui vont devenir d’autant plus influents. Les réseaux sociaux c’est ce qui ramène du monde dans les librairies.

Beaucoup de jeunes passent leurs temps sur des écrans et se considèrent comme des "non-lecteurs". Or, pour les intervenants unanimes, il n'y a pas de non-lecteurs, il n'y a que des lecteurs qui s'ignorent. Les auteurs s'adaptent en faisant de leurs romans des histoires divisées en "épisodes", créant un rendez-vous de lecture chaque semaine. 

Le but est de redonner le goût de la lecture à ces jeunes en donnant aux lecteurs le choix du personnage, qu'ils désirent suivre dans l'épisode suivant. « Le roman n'est pas entièrement écrit, les chapitres sont écrits plusieurs fois avec des points de vues différents et la fin ne sera écrite qu'après avoir discuté avec la communauté », ajoute Bertrand Puard.

Robert Laffont se lance dans le podcast, où on suit la sélection du manuscrit jusqu’à son édition. Il y a une volonté de montrer la « cuisine interne aux lecteurs et de se mettre à nu », selon Glenn Tavennec. Désormais, les éditeurs peuvent, via le podcast, toucher des lecteurs en amont de la sortie d'un livre. Ces podcasts restent très complémentaires de la lecture, vu que 75 % des gens qui en écoutent iront ensuite acheter le livre dès sa sortie.

TEMPS DE LECTURE: 2 minutes

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