Bataille autour du rachat de Barnes & Noble

Par : Lucile Payeton

12/06/2019

Alors que le rachat de Barnes & Nobles (B&N) par Waterstones semblait entériné depuis le 6 juin dernier, la proposition de ReaderLink LLC vient rebattre les cartes.

L’arrivée d’une tierce partie

Le distributeur américain ReaderLink LLC préparerait en effet une offre de rachat faisant directement concurrence à celle du fond d’investissement Elliott Advisors (propriétaire de Waterstones), rachetant la chaîne de librairies américaine pour la somme de 683 millions de dollars (soit plus de 603 millions d’euros). 

La nouvelle, publiée par le Wall Street Journal, indique aussi qu’une mention dans l’accord de fusion entre B&N et Elliott donne le droit à Elliott de percevoir un paiement de 4 millions de dollars (plus de 3,5 millions d’euros) de dédommagement si le rachat est effectué par une tierce partie avant 23h59 le 13 juin. Après cela, B&N devra aussi payer 17,5 millions de dollars ( près de 15,5 millions d’euros) de dédommagements pour rupture de contrat. 

Un rapprochement en perspective

Un communiqué diffusé par Barnes & Noble le 6 juin dernier annonçait le rachat de la chaîne de librairies américaine par Elliott Advisors (fonds d’investissement travaillant sur le mode de la gestion alternative) et sa division d’Elliott Management (société américaine de gestion de placements). La vente a été approuvée à l’unanimité par le conseil d’administration de Barnes & Noble.

Fondé par Paul Singer, Elliott Advisors possède notamment la chaîne de librairies britannique Waterstones, rachetée en juin 2018. 

Ce nouveau rachat signifierait le rapprochement des deux chaînes de librairies américaine et britanniques. En effet, James Daunt, directeur général de Waterstones, prendrait aussi la tête de la direction de B&N, partageant son temps entre Londres et New York. Dans un communiqué de presse, B&N tient néanmoins à rassurer sa clientèle en assurant qu’elle et Waterstones resteront deux entreprises distinctes, bien que dirigées par le même PDG. 

La stratégie de James Daunt 

Fondé en 1971 à Manhattan, Barnes & Nobles connaît depuis plusieurs années des difficultés économiques, notamment à cause de la compétition du commerce en ligne, engendrant la fermeture de 150 boutiques ces dix dernières années.

Avant de rejoindre Waterstones, James Daunt était à la tête de sa propre chaîne de librairies, Daunt Books. À son arrivée en 2011, il a instauré une nouvelle stratégie chez Waterstones, donnant plus de liberté aux boutiques. Celles-ci se positionnent alors comme des librairies individuelles répondant aux demandes particulières de leurs communautés respectives et non à une politique commune et uniforme sans considération des attentes des lecteurs.

Leonard Riggio, président, fondateur de Barnes & Noble, et détenteur de 19% des parts de l’entreprise) s’est également exprimé: « Aux vues du succès qu’ils [Waterstones] ont eu sur le marché de la vente de livres, je crois qu’ils sont parfaits pour améliorer et développer la compagnie [Barnes & Noble] au cours des prochaines années. Je me montre aussi confiant, car James Daunt a les capacités au leadership et l’expérience nécessaire pour mener cette grande organisation ». 

Reste à voir si ReaderLink LLC parviendra à annuler définitivement la noce.

Source : New York Times   the Bookseller

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